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La Romance Du 14 Juillet

Tekst: Léon Keimeul,1946, Cercle Mèdecine, ULB
Pagina in liedboeken:  
  1. Elle avait ses quinze ans à peine
    Quand ell'sentit battr'son coeur
    Un beau soir, près du mec Gégène
    Marinette a cru au bonheur.
    C'était l'jour d'la fêt' nationale
    Quand la bombe éclate en l'air
    Elle sentit comme une lame
    Qui lui pénétrait, dans la chair.
    Par devant, par derrière,
    Tristement comme toujours,
    Sans chichis, sans manières,
    Elle a connu l'amour,
    Les oiseaux dans les branches
    En les voyant s'aimer
    Entonnèr'nt la romance
    Du quatorze juillet.
  2. Mais quand refleurit l'aubépine
    Au premier souffle du printemps,
    Fallait voir la pauvre gamine
    Mettre au monde un petit enfant.
    Mais Gégène, qui est l'mec à la coule
    Lui dit: "Ton gosse, moi j' m' en fous!
    Si tu savais comm'je m'les roule
    A ta place moi j'lui tordrais l'cou."
    Par devant, par derrière,
    Tristement comm'toujours,
    Fallait voir la pauvr' mère,
    Avec son gosse d'huit jours,
    En fermant les paupières
    Ell' lui tordit l' kiki
    Et dans l' trou des ouatères
    Ell' jeta son petit.
  3. Mise au banc de la cour d'assises
    Et de c'lui de la société
    Ell' fut traitée de fill' soumise
    A la veill' du quatorz' juillet.
    Elle entendait son petit gosse
    Qui appelait sa maman
    Tandis que le verdict atroce
    La condamne au bagn' pour vingt ans.
    Par devant, par derrière,
    Tristement comme toujours,
    Elle est mort' la pauvre mère
    ÀCayenne un beau jour,
    Morte avec l'espérance
    De revoir son bébé
    Dans la fosse d'aisance
    Où ell' l' avait jeté.
  4. Elle avait ses quinze ans à peine
    Quand ell' sentit battr' son coeur
    Un beau soir, près du mec Gégène
    Marinette a cru au bonheur.

Auteursrechtinformatie over dit lied

Tekst verkregen via Codex Studiosorum Bruxellensis (BSK)